
La question de la « bonne » et de la « fausse » bible se pose depuis les premiers siècles du christianisme. Elle touche à la formation du canon biblique, c’est-à-dire la liste des livres reconnus comme inspirés. En effet, durant le concile d’Hippo en 393, puis ceux de Carthage en 397 et 419, l’Église a officiellement confirmé la liste des livres inspirés qui forment le canon biblique tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cette reconnaissance a permis d’établir une base commune pour la foi et l’enseignement chrétien. Comprendre cette distinction suppose d’examiner à la fois les bibles dites canoniques et les écrits apocryphes.
La bible canonique
La bible canonique regroupe les livres officiellement reconnus par l’Église comme inspirés par Dieu. Dans le christianisme, elle se divise en Ancien et Nouveau Testament. Le canon varie légèrement entre les traditions (catholique, orthodoxe, protestante), mais il reste fondé sur une sélection rigoureuse, transmise et confirmée par les conciles et la tradition ecclésiale. L’établissement du canon biblique ne fut pas arbitraire. De ce fait, l’Église s’est appuyée sur plusieurs critères pour reconnaître les livres inspirés :
Apostolicité
Les écrits devaient provenir d’un apôtre ou d’un témoin direct (ex. Marc avec Pierre, Luc avec Paul). Cela afin d’authentifier la véracité et l’exactitude des propos avancés.
Conformité à la foi
Leur contenu devait être en accord avec la doctrine transmise et la règle de foi. En regardant le style de rédaction des textes anciens, il fallait faire une concordance sur la conformité à la foi telle que communiquée et démontrée par Dieu.
Usage liturgique
Les livres devaient être lus publiquement dans les assemblées chrétiennes. Cette méthode permettait de véhiculer l’évangélise et d’éviter les hérésies de toute part.
Acceptation universelle
Ils devaient être reçus par la majorité des Églises à travers le monde antique. l’universalité de la foi vient rassurer que l’évangile et communément vécu et partagé par toutes les cultures et classes sociales. Cela veut confirmer que Dieu est unique.
Ancienneté et continuité
Seuls les écrits utilisés depuis les origines et de façon constante étaient retenus. La récurrence des écrits et le langage permettaient de confirmer que les textes sont conformes à la volonté de Dieu.
Ces critères ont permis à l’Église de distinguer les Écritures authentiques des textes apocryphes, consolidant ainsi le canon que nous connaissons aujourd’hui. On a donc aujourd’hui une distinction entre le nouveau et l’ancien testament.
L’Ancien Testament
L’Ancien Testament contient la Torah (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome), les Prophètes et les Écrits. Cependant, des différences existent entre traditions:
- Les Juifs de Palestine utilisaient le canon hébraïque plus restreint.
- Les Juifs de la diaspora, eux, lisaient la Septante, traduction grecque plus large, qui incluait des livres comme Tobie, Judith, la Sagesse ou les Maccabées.
Les Églises catholique et orthodoxe ont conservé ces livres « deutérocanoniques », tandis que le protestantisme les a écartés.
Le nombre de livres varie donc selon les traditions : 24 dans le canon hébraïque, 39 dans le canon protestant, 46 dans le canon catholique et jusqu’à 49 ou plus dans le canon orthodoxe.
En effet, les orthodoxes reconnaissent, en plus des livres catholiques, d’autres écrits tels que : 3 Maccabées, 1 Esdras (ou Esdras grec), le Psaume 151, la Prière de Manassé, et dans certaines Églises aussi 4 Maccabées. L’Église orthodoxe éthiopienne va plus loin encore, en incluant le Livre d’Hénoch, le Livre des Jubilés et d’autres écrits traditionnels comme les 4 Baruch.
Le Nouveau Testament
Le Nouveau Testament se compose de 27 livres : les quatre Évangiles (Matthieu, Marc, Luc, Jean), les Actes des Apôtres, les lettres de Paul et des autres apôtres, ainsi que l’Apocalypse.
Au IIe siècle, certains écrits étaient encore discutés : l’Apocalypse de Jean ou l’épître aux Hébreux, par exemple. Mais au IVe siècle, grâce aux conciles, une liste stable fut fixée. Ce canon excluait des textes comme l’Évangile de Thomas ou l’Évangile de Pierre, jugés non conformes à la foi transmise par les apôtres.
Les écrits apocryphes
Les apocryphes sont des livres qui ressemblent aux Écritures mais n’ont pas été retenus dans le canon. Ils existent en deux grandes catégories :
– Apocryphes de l’Ancien Testament, comme le Livre d’Hénoch ou le Livre des Jubilés, très lus dans certaines communautés juives et chrétiennes mais exclus car jugés trop spéculatifs ou non inspirés.
– Apocryphes du Nouveau Testament, tels que l’Évangile de l’Enfance selon Thomas, l’Évangile de Marie ou encore l’Apocalypse de Pierre, qui contiennent souvent des récits légendaires ou des doctrines étrangères au christianisme primitif.
En conclusion, la « bonne » bible désigne donc les Écritures canoniques, reconnues comme Parole de Dieu. Les « fausses » bibles, au contraire, incluent les apocryphes ou des ajouts non validés par la tradition chrétienne afin de préserver la cohérence de la foi. La distinction est essentielle pour garder une foi enracinée dans les textes reconnus comme authentiquement inspirés. Laissez nous votre commentaire pour partager votre avis sur ce sujet. Et n’hésitez pas à laisser une question. Si vous souhaitez recevoir ce dévotionnel par email, ne manquez pas de partager cela.
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Cyrille Tayo | Rédacteur chez L’Eclaireur en science et spiritualité
